Le temps 27/07/2006
« Mdhalla » ou encore chapeau de paille, un objet utilitaire, un couvre-chef ancestral qu’utilisent de nombreux habitants des régions rurales et campagnardes. Un chapeau dont la destinée se poursuit à travers les siècles et pourtant, il demeure inconnu. « Mdhalla Installation » est un projet, une nouvelle vision qu’apporte l’artiste plasticienne Rouma au chapeau de paille afin de retracer son histoire et ce depuis le mois de juillet jusqu’au mois d’octobre prochain. Une autre approche est donnée à la « mdhalla », celle d’un objet d’art…
Histoire de chapeaux de paille..
En pénétrant dans le jardin de l’Acropolium à Carthage, ce sont de drôles « d’oiseaux » qui accueillent les visiteurs. Leur rotondité et leurs couleurs (noire, blanche et rouge) interpellent le regard. Suspendus entre ciel et terre, « ces oiseaux » s’avèrent être des dizaines de chapeaux de paille de différentes formes et de différentes tailles. En amont, l’histoire paraît simple, celle de la « mdhalla » à travers les âges. En aval, cette première impression cède la place à une réflexion plus profonde et plusieurs questions se bousculent dans la tête : pourquoi avoir choisi la « mdhalla » comme support de l’installation ? Pourquoi sont-elles de différentes tailles ? Quelle est la symbolique des coloris ?…
Pour répondre à ces interrogations, Rouma confiera que ce projet la taraude depuis des années et que le but recherché est de dévoiler les racines ancestrales du chapeau de paille et la part irrationnelle qui l’érige, au sens de l’art, en un objet des plus récurrents dans les travaux de ceux qui s’attachent à l’identité culturelle des objets. Pour l’artiste, la « mdhalla » est un emblème. Un objet de vie d’antan, un « chapeau des anciens ». Traversant le fil du temps, la « mdhalla » accompagne les moments d’une vie. Cet accompagnement, Rouma le décline en couleur alchimique.
Entre l’ombre et la lumière, le noir et le blanc, ce sont les deux versants de l’existence humaine qui sont explorés. L’œuvre au noir et l’œuvre au blanc sont mis en relation avec l’œuvre au rouge, couleur de sang, symbole de la vie. La découverte de soi passe par ce voyage intérieur où la lumière prend tout son sens grâce à l’ombre et le rouge, médiateur entre les deux instances de la vie, assure ce mouvement de va-et-vient entre les forces de Dionysos et celles de Thanatos.
Ainsi, Rouma ouvre les portes d’un monde qui se balance entre tradition et modernité, entre l’antique et l’aujourd’hui. Sa « Mdhalla Installation » est une nouvelle manière de raconter le passé tout en regardant le présent et l’avenir. De son regard d’artiste émerge ce subtil lien entre un métal précieux, « la boue en or » selon Baudelaire, et le vil métal, le fer oxydé. En installant ces chapeaux de paille, de paille tressée et de paille polie, l’artiste nous invite à un dialogue d’interprétations sur la nature et l’histoire de l’homme, sur le travail de ses mains, en tressant ensemble, un passé fait de fierté et de poésie… Le temps d’une escapade entre ciel et terre…
Raouf MEDELGI« Mdhalla » ou encore chapeau de paille, un objet utilitaire, un couvre-chef ancestral qu’utilisent de nombreux habitants des régions rurales et campagnardes. Un chapeau dont la destinée se poursuit à travers les siècles et pourtant, il demeure inconnu. « Mdhalla Installation » est un projet, une nouvelle vision qu’apporte l’artiste plasticienne Rouma au chapeau de paille afin de retracer son histoire et ce depuis le mois de juillet jusqu’au mois d’octobre prochain. Une autre approche est donnée à la « mdhalla », celle d’un objet d’art…
Histoire de chapeaux de paille..
En pénétrant dans le jardin de l’Acropolium à Carthage, ce sont de drôles « d’oiseaux » qui accueillent les visiteurs. Leur rotondité et leurs couleurs (noire, blanche et rouge) interpellent le regard. Suspendus entre ciel et terre, « ces oiseaux » s’avèrent être des dizaines de chapeaux de paille de différentes formes et de différentes tailles. En amont, l’histoire paraît simple, celle de la « mdhalla » à travers les âges. En aval, cette première impression cède la place à une réflexion plus profonde et plusieurs questions se bousculent dans la tête : pourquoi avoir choisi la « mdhalla » comme support de l’installation ? Pourquoi sont-elles de différentes tailles ? Quelle est la symbolique des coloris ?…
Pour répondre à ces interrogations, Rouma confiera que ce projet la taraude depuis des années et que le but recherché est de dévoiler les racines ancestrales du chapeau de paille et la part irrationnelle qui l’érige, au sens de l’art, en un objet des plus récurrents dans les travaux de ceux qui s’attachent à l’identité culturelle des objets. Pour l’artiste, la « mdhalla » est un emblème. Un objet de vie d’antan, un « chapeau des anciens ». Traversant le fil du temps, la « mdhalla » accompagne les moments d’une vie. Cet accompagnement, Rouma le décline en couleur alchimique.
Entre l’ombre et la lumière, le noir et le blanc, ce sont les deux versants de l’existence humaine qui sont explorés. L’œuvre au noir et l’œuvre au blanc sont mis en relation avec l’œuvre au rouge, couleur de sang, symbole de la vie. La découverte de soi passe par ce voyage intérieur où la lumière prend tout son sens grâce à l’ombre et le rouge, médiateur entre les deux instances de la vie, assure ce mouvement de va-et-vient entre les forces de Dionysos et celles de Thanatos.
Ainsi, Rouma ouvre les portes d’un monde qui se balance entre tradition et modernité, entre l’antique et l’aujourd’hui. Sa « Mdhalla Installation » est une nouvelle manière de raconter le passé tout en regardant le présent et l’avenir. De son regard d’artiste émerge ce subtil lien entre un métal précieux, « la boue en or » selon Baudelaire, et le vil métal, le fer oxydé. En installant ces chapeaux de paille, de paille tressée et de paille polie, l’artiste nous invite à un dialogue d’interprétations sur la nature et l’histoire de l’homme, sur le travail de ses mains, en tressant ensemble, un passé fait de fierté et de poésie… Le temps d’une escapade entre ciel et terre…
Raouf MEDELGI





