
En Jordanie, à Wadi Rum
Six artistes Tommy Barr, d’Irlande, Dorothea Fleiss d’Allemagne, Rouma, représentant à elle seule la France et la Tunisie, Jabar Mejbel, d’Irak, Saada et Bader Mahasneh de Jordanie se retrouveront le temps d’une intervention artistique en plein désert.
Plus exactement à Wadi Rum, qui est une large vallée sèche bordée de falaises de grès rouge sur un socle de granit. Érodées par l’action du vent et du sable, les roches ont alors pris des formes étranges.
Cependant, il est impossible d’en faire une description, difficile de cataloguer ce désert.
Même les boussoles semblent hésiter. Les nouvelles polarités les affaiblissent. Les falaises paraissent sans fin et la puissance de Wadi Rum se présente comme une réelle énigme au visiteur.
L’écriture seule ne peut pas décrire ces visions.
Tous les éléments, l’ombre, le vent et l’intellect fusionnent.
La notion de temps et d’espace change les principes de sens et de valeur. Et le temps s’évapore alors dans un espace sans fin.
Rouma explique : « Je suis très contente de découvrir une région que je ne connais pas. De plus, l’organisation, avec l’aide de la Commission Européenne, est parfaite, ce qui n’est pas pour déplaire. J’espère pouvoir y passer un bon moment. »
Rouma travaille sur l’altérité. Elle se propose de dépasser l’image et les référentiels habituels. Volontairement, le graphite rend sa peinture floue, dépassant la simple vision de ses portraits pour laisser deviner l’autre. « Depuis que je suis à Tunis, explique Rouma, j’utilise les oxydes pour obtenir les couleurs des marabouts et de certaines vieilles faïences. Ce que j’essaie d’exprimer, c’est la richesse que chaque être humain cache en lui, alors que la société essaie de l’enfermer dans des standards stériles. C’est cette différence qui donne à l’être humain la vie. Et, dans ma peinture, je me trouve, elle donne un sens réel à mon existence. »
Du 29 avril au 6 mai, les artistes interviendront sur les lieux pour donner suite à une exposition qui se déroulera du 8 au 31 mai toujours à Wadi Rum.
Nadia Zouari




